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Exposition de lithographie : du 17 mars au 14 avril 2012.

Une exposition et une démonstration de lithographie le 17 mars jusqu'au 14 avril 2012 autour des œuvres de Stéphane GUILBAUD et d’Emmanuelle AUSSEDAT, deux artistes et lithographes professionnels.



Une exposition et une démonstration de lithographie  - samedi 17 mars à 15h - vous sera présentée du 17 mars au 14 avril 2012 à l’Espace de la Calende autour des œuvres de Stéphane GUILBAUD et d’Emmanuelle AUSSEDAT, tous deux artistes et lithographes professionnels installés sur la région parisienne. Un choix important de lithographies sera présenté. 

Lors du vernissage de l’exposition le samedi 17 mars 2012, une démonstration de lithographie sera proposée en direct autour d’une presse à bras par Stéphane GUILBAUD et Emmanuelle AUSSEDAT dès 15h.
Les œuvres présentées à la vente durant l’exposition seront celles de :
- Stéphane GUILBAUD, Emmanuelle AUSSEDAT artistes et lithographes,
- ALECHINSKY du mouvement COBRA,
- CORNEILLE du mouvement COBRA,
- ARMAN du mouvement Nouveau réalisme.
 
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Quelques repères historiques

L’invention en 1798 à Munich de la lithographie par Alois Senefelder constitue une véritable révolution dans le monde de l’imprimerie. En effet, depuis le XVe siècle, toutes les estampes étaient gravées. Or le principe de la litho n’implique pas de creuser la matrice.

De grands artistes s’en emparent rapidement à travers toute l’Europe, dont les paysagistes romantiques. Avec Daumier et Gavarni, elle sert à la satire sociale et politique. Les imprimés utilitaires, notamment les journaux illustrés et les affiches, vont la populariser. Dans la seconde moitié du XIXe siècle, elle connaîtra un essor particulier, initié par Bresdin et Manet. Elle va attirer de nombreux peintres, parmi lesquels les Nabis Bonnard et Vuillard.

Au XXe siècle, elle maintient sa double fonction de moyen d’expression artistique – Picasso réalise d’innombrables lithographies – et d’impression publicitaire de masse : affiches, étiquettes, etc
 
Quelques mots sur la technique
Etymologiquement dessin sur pierre, la lithographie se distingue des autres modes d’impression par le fait qu’il n’y a ni creux ni relief. La composition n’est pas gravée, mais dessinée sur une pierre calcaire. Celle-ci à été préalablement grainée par ponçage pour pouvoir recevoir le dessin.
 
Procédé 
 
L’artiste dessine librement sur cette pierre avec un crayon ou une craie qui ont la particularité d'être très gras. Il peut aussi utiliser une plume avec de l'encre grasse. Pour obtenir des teintes, il peint des aplats à l’encre: on parle alors de lavis lithographique. Les zones noircies peuvent être entamées avec une pointe pour revenir au blanc (grattage). Le gras du crayon ou de l’encre pénètre dans la pierre, qui est légèrement poreuse. Il doit ensuite être fixé pour pouvoir résister à un grand tirage.

Stéphane GUILBAUD : lithographe.
 
Né en 1961, Stéphane GUILBAUD exerce à Paris et sans interruption le métier de lithographe depuis 1979. Il a débuté dans le métier à l'Atelier Desjobert en 1979, embauché comme receveur, pour « tirer la feuille » en machine et laver les rouleaux. Il y a fait ses armes techniques, avant d’intégrer ensuite l'atelier Art Estampe dès sa création en 1985, dont il est devenu chef d'atelier jusqu'en 1995 et décide de se mettre à son compte.
 
Pendant quatre années, il collabore avec l’atelier Dutrou, anime l’atelier de lithographie de la fondation Daniel et Florence Guerlain, puis reprend l'Atelier Art Litho à Paris en 1999, alors que ce dernier se retrouve sur le seuil de la liquidation.
 
Commence alors une longue remontée de cette entreprise, avec l'aide d'une équipe solide, avec la confiance et la complicité de nombreux artistes et de leurs marchands, avec aussi de nombreux voyages à l’étranger, pour y tisser des liens et un réseau de clients aux Etats-Unis, en Europe et au Japon, qui ont conduit l'atelier Art Litho à renouer aujourd'hui avec la prospérité. Pour le lien avec Rouen, l’atelier de Stéphane GUILBAUD réalise l’ensemble des lithographies de Daniel AUTHOUARD.
 
La lithographie : L’activité principale de l’atelier est la réalisation et l’impression de lithographies originales. Elle suppose la mise en œuvre de techniques et de matériaux traditionnels, comme la pierre lithographique, mais également d’un large éventail de techniques plus récentes.
 
Il n’existe plus à ce jour aucun cursus de formation véritablement professionnel aux métiers de l’estampe, Les écoles des Beaux Arts ou encore l’école Estienne ne proposant qu’un survol des techniques. Aussi, les quelques ateliers qui demeurent doivent-ils assurer l’apprentissage et la transmission par eux-mêmes.
 
Comme de nombreux métiers du haut artisanat français, l’avenir de la lithographie, et plus largement des métiers de l’estampe, tient à des fils de plus en plus minces. Seuls de rares ateliers parviennent à se maintenir. Cependant, ils jouissent d’une renommée internationale et exportent en direction de nombreux pays.
 
 
Emmanuelle AUSSEDAT : lithographe.
 
Emmanuelle AUSSEDAT entre à l’Ecole des Beaux-arts de Paris en 1975 et obtient le Diplôme National Supérieur d’Arts Plastiques en 1980. Elle reçoit une bourse de recherche et d’encouragement à la création artistique en 1980 et en 1981.
En 1985, elle crée l’atelier de lithographie « La Bête à Cornes ». Son parcours artistique s’ouvre à l’international dès 1984 avec des expositions aux Pays Bas puis au Japon, en Angleterre, en Australie... mais aussi avec les résidences d’artiste à l’étranger comme la Fondation Valparaiso Mojacar en Espagne, la Résidence Helsinki en Finlande ou le LAC à La Réunion.
Son œuvre est présente dans de nombreuses collections publiques, Musées et Artothèques et elle expose régulièrement en France et à l’étranger.
 
Le travail pictural d'Emmanuelle AUSSEDAT appel la fascination du noir par son pouvoir expressif et sensuel. A travers une peinture à la fois structurée et lyrique, se dégagent de la lumière noire dans un rythme, une cadence syncopée, des lignes empruntées à un monde de "codes barres" mutants qui se perdent en forêt. Les récents travaux d’Emmanuelle DOËRR AUSSEDAT sont imprégnés d’harmonie, d’unité et de sensibilité. La construction du tableau est comme la constitution d’une histoire.
Les formes sont des aplats de tonalité différente qui à un moment se croisent ou s’éloignent, pour s’effacer ou s’affirmer. C’est une histoire qui est menée avec détermination. Le trait et les aplats sont précis, incisifs. Le dialogue intérieur qui se dégage de la relation entre les formes et l’espace en est la trame.
 
L’ensemble semble porté par une force comme une ouverture, plus qu’une invitation, qui nous permet non pas de nous approprier l’histoire mais de projeter notre histoire dans le tableau.
Emmanuelle DOËRR AUSSEDAT est arrivée dans son travail à cette maturité qui lui permet de donner à l’espace toute son amplitude. Et le ton de son travail est donné : une abstraction plus cognitive que gestuelle.
L’imprimeur lithographe humidifie la pierre avec de l’eau, qui ne mouille que les parties non dessinées. Puis elle est encrée en noir ou en couleur avec un rouleau.