Actualités

Exposition de peinture : Thierry DALAT Finissage samedi 03/11/18 à 17h



Thierry DALAT, peintre Rouennais    

Né en Normandie en 1971, Thierry Dalat entre à l’école des Beaux arts de Rouen en 1990 et obtient son diplôme en 1995.

A sa sortie des beaux arts, il entre par un heureux hasard en tant que peintre décorateur à l'Opéra de Rouen et y reste jusqu’en 1998. Commence alors un incessant va et vient entre l’univers des arts plastiques, le travail solitaire d’atelier, les résidences d’artistes, les expositions, et celui du spectacle vivant (opéra, théâtre, arts de la rue, danse, …).

Il est chef décorateur à l'Opéra de Tours de 1999 à 2002, devient assistant scénographe puis Scénographe. 

Durant son parcours Thierry a collaboré avec de nombreux metteurs en scène,  avec le centre dramatique de Tours, l’opéra comique de Paris, les chorégies d'orange... .

De 2007 à 2013, tout en se consacrant à son travail personnel,  il enseigne à l'école d'architecture de Normandie, les arts plastiques et la scénographie.

Aujourd'hui, Thierry Dalat vit et travaille à Montredon-Labessonnié, dans le Tarn et se consacre presque exclusivement à la peinture.

Son travail est visible en galerie à Marmande (galerie Egrégore), à Lourmarin (galerie du Temple), à l’Espace de la Calende à Rouen pour sa prochaine exposition du 15/9 au 03/11/18. 

 

« Il faut quand même admettre que les écoles des beaux-arts, et celle de Rouen en particulier, délivrent parfois d'appréciables talents parmi leurs élèves diplômés, et Thierry DALAT en est un remarquable exemple par la qualité de son travail, son utilisation de matières ancestrales et son audacieuse maîtrise de recherches et d'innovations contemporaines. On est pas ou plus habitué à ce qu'on nous propose un tel réalisme gorgé d'âme, de silence, et d'évocations aussi pérennes. En peinture, le noir est censé ne pas exister. Voire avec DALAT par ses œuvres magistrales ! Associant la colle de peau, le fusain, un soupçon d'acrylique, divers métaux en feuille, l'artiste fait venir à fleur par de patients traitements, des paysages contemplatifs et de hardis portraits dont la réalité accapare l'attention, puis plonge l'observateur au sein de l'oeuvre, et l'investit grâce à ses sereines et pourtant puissantes perspectives , à l'image également de portraits sensuels, réfléchis ou combatifs. »                             André RUELLAN, critique d'art

 

 

« Thierry DALAT est le peintre du paysage. Le peintre des grands espaces désolés.

C’est bien simple, cette œuvre se savoure comme un bon vin. Avec lenteur et attention, tous les sens aiguisés. Le paysage, ce thème si ardemment étudié par les artistes, notamment depuis la fin du XIXème siècle, est au centre de l’œuvre de Thierry Dalat. Mais il est traité ici avec un talent hors normes. Sa peinture ne reproduit en rien une vision par trop réaliste du monde qui gravite autour de nous : le subtil assemblage de colle de peau, d’acrylique et de fusain chante une mélodie beaucoup plus subtile et envoûtante. Certes, le paysage apparaît nu ; un champ, des poteaux et des fils électriques sous un ciel immense ; un chemin qui s’égare le long d’une clôture et nous emmène vers quelque coin isolé ; un village de quelques maisons perdues dans le soir tombant ; une simple route et l’horizon qui barre le ciel comme un grand appel à vivre autre chose. Mais une sorte de torpeur baigne l’ensemble, une sorte d’hébétude, un peu comme si le monde avait soudain été déserté, que les quelques vestiges de la civilisation ne soient plus qu’anecdotes n’ayant d’autre intérêt que leur aspect plastique. On imagine un brusque exode de population, une désertification accélérée, un cataclysme va savoir, on imagine une heure où les hommes s’éloignent de la nature, pour ne la plus reconnaître. Pas âme qui vive au cœur de ces landes semblables en bien des points à la fameuse lande de Lessay, chère à Barbey d’Aurevilly.

Se dégage de ces paysages une espèce d’irréalité, et intrinsèquement de discrète projection de l’univers intérieur de l’artiste, univers plein d’interrogations. Si l’on tend l’oreille, on perçoit un chant venu des profondeurs qui trouble par sa justesse, par sa capacité à donner à voir de l’intérieur des lieux maintes fois aperçus au détour d’un carrefour et qui pourtant n’ont jamais évoqué à nos yeux que le spectacle banal d’une campagne désertée. Mais pas de volonté d’expliciter à outrance le propos chez le jeune peintre rouennais, pas de fanfaronnade ni d’exubérance. Juste la ferme volonté de dénuder le paysage comme on dénude les fils électriques, au risque d’y laisser sa peau. On atteint ici au sensible extrême, quelque chose de l’ordre de la substantifique moelle du monde réel.

A nos yeux trop habitués à absorber les images du quotidien comme autant d’aliments sans goût et sans saveurs, il faut apprendre ici à se figer un peu plus de temps que d’ordinaire. Il faut s’arrêter un moment et se laisser envahir par l’art de Thierry Dalat. Un peu comme lorsque l’on cherche à discerner dans le regard de l’être aimé quelque élément d’encouragement, quelque raison de ne pas désespérer du monde. Sans être totalement sûr qu’on en sortira indemne. Car si cette peinture suggère plus qu’elle ne dépeint, libre à vous de vous aventurer plus avant, de plonger dans ses méandres. Cette peinture, sous des dehors qui peuvent paraître classiques à l’œil peu exercé, appelle à une intense introspection, mine de rien, sans y toucher… Là est sans doute son grand mérite, et l’on comprend que malgré son jeune âge, ses trente-huit ans, l’artiste a visiblement su retenir les leçons de l’Histoire de l’Art, se familiariser avec les œuvres des grand anciens, au point de restituer une œuvre à tous égards « inspirée », c’est-à-dire porteuse d’un héritage tout autant que révélatrice d’un talent. C’est une œuvre du XXIe siècle, que l’on ne s’y trompe pas, une œuvre qui tisse de multiples et discrets liens entre le sujet représenté et celui qui représente, une œuvre au sein de laquelle l’artiste s’investit dans chaque touche, chaque détail, et dans le même temps c’est une œuvre intemporelle, une œuvre qui établit une indéniable connivence entre celui représente et celui qui regarde. Le genre de peinture qui irritera peut-être certaines élites dites contemporaines pour lesquelles la peinture de paysages ou de portraits n’a plus lieu d’être, mais une peinture qui rassemblera à coup sûr les « gens de goût », ceux qui savent lire entre les lignes et apprécier la finesse d’une telle création ! »

                                               Ludovic DUHAMEL – Miroir de l’art.

« Horizons fermés ou lointains, routes et chemins désertés, livrés à eux-mêmes, vestiges et témoins silencieux d’un passé révolu, entourés de forêts, de poteaux électriques ou au cœur de sous-bois, les peintures de Thierry Dalat recèlent un ailleurs désiré et sont une métaphore de la psyché de l’artiste en quête de la source de l’acte créateur. Il sait que le but du chemin n’est pas la destination mais le chemin lui-même et que celui-ci se crée au fur et à mesure du cheminement. Ce n’est pas la connaissance de la raison ultime pour laquelle le peintre peint qui importe, la découvrir ce serait la perdre et se perdre de la même manière. Il tend vers celle-ci mais ne l’atteindra cependant jamais car lui faire face, ce serait accéder au mystère de la création elle-même et découvrir celui-ci le mettrait à nu, lui brûlerait les ailes, le mettant dans l’impossibilité de continuer à peindre. Seul compte l’acte de peindre.

Thierry Dalat ne nous raconte aucune histoire, elle ne serait qu’anecdotique et superfétatoire. Aucun personnage n’apparaît sur la toile, ils ne seraient qu’une distraction vaine et hors de propos nous empêchant de nous concentrer sur l’essentiel. C’est le silence inhérent à l’image peinte, telle une présence bénéfique, qui nous permet d’être réellement attentif, à l’écoute de ces paysages solitaires, dans une contemplation active, tous nos sens en éveil, et d’être au plus près de l’acte créateur. Nous sommes dans un entre-deux mondes où la lumière et les ombres s’harmonisent pleinement et où la réalité extérieure et le monde intérieur de l’artiste s’enchevêtrent étrangement dans une symphonie d’une richesse chromatique tout en nuances qui nous révèle un univers personnel d’une grande sensibilité. Au-delà d’une peinture qui ne serait que descriptive, c’est l’intimité du peintre et sa quête initiatique qui se dévoilent à nos yeux. »

                                                                                                          Stéphane Richard – critique d’art.