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Exposition de peinture :"Charles DUCROUX" du 16/3 au 08/5/19



La voix de l’indicible

Dans son atelier, Charles Ducroux voyage. Les échos de la musique, chez lui, se mêlent aux images fugitives de la rue. C’est à partir de ces deux sources qu’il construit pas à pas son œuvre.

Parler de l’œuvre d’un peintre, c’est essayer de procurer quelques clés au lecteur. Une peinture, par nature, est muette. Elle ne brandit aucun discours. Son message est ailleurs. Sa force réside d’abord dans son pouvoir d’évocation. Charles Ducroux l’a très bien compris.

Ce qu’il nous donne à voir de New York ne relève pas de l’anecdote. Nous frôlons tout à coup des vies, des destins anonymes, comme si nous surprenions quelque entretien intime. Une impalpable nostalgie naît de chacune de ses toiles où bruns et gris dominent. Volonté d’effacement ? Pudeur ? Peut-être y aurait-il un peu de cela chez notre peintre. Face à ses personnages, je me suis surpris à penser au poète Fernando Pessoa, qui aimait se dissimuler sous un grand nombre de pseudonymes.

Hantées par une certaine mélancolie et cette impression de solitude qui est le fait de la vie même, les toiles de Charles Ducroux sont presque toujours en demi-teinte. Des présences silencieuses les traversent, comme sur le quai d’une gare ou le trottoir d’une ville qui pourrait être la nôtre.       

Ses toiles sont empreintes d’une magie singulière, d’une gravité énigmatique. Elles obligent le spectateur à s’arrêter, à faire une pause. Nommer les lieux est-il en réduire le mystère ? Chez Charles Ducroux, on erre, on vagabonde dans un espace à demi vaporeux, sans borne. Les visions que nous recevons ressemblent un peu à des mirages, comme si leur matière même vibrait sous un léger voile de chaleur. Ce ne sont pas des portraits, mais des séquences de vie.

Luis Porquet, critique d’art, avril 2010

mage. Prix du magazine Univers des arts.

Le pastel retrouve ses lettres de noblesse actuellement, et preuve en est les artistes qui utilisent cette technique séculaire avec éclat, tout en manifestant une expression contemporaine de qualité. Thierry CITRON fait partie de ces artistes, et en autodidacte réfléchi, il a choisi délibérément le pastel sec, tout en se présentant comme un adepte du travail sur le motif qu'il métamorphose en émotions quasi-informelles qu'il enrichit et régule pour la plus originale des expressions. Sur ses fonds de Canson crémeux, T. CITRON bouleverse les idées reçues à propos du pastel auquel il accorde énergie et concentration. Guidé par un imaginaire de base aux plages de couleurs incisives que génère le pigment pur, tout l'essentiel du motif ou du site se met en place, et l'esprit d'analyse de l'artiste fait le reste, toujours au gré de l'harmonie, des contrastes et d'une mise en place que conduit la passion et dirigent l'humeur et la volonté.

                                                               André RUELLAN, critique d'art